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Exposition « Heinz Berggruen, un marchand et sa collection »  au musée de l’Orangerie

C’est par une formule piquante que s’est décrit le marchand d’art Heinz Berggruen  dans son autobiographie : « J’étais mon meilleur client : souvenirs d’un marchand d’art » (traduit en français en 1997). Né dans une famille juive à Berlin en 1914, il entreprend des études dans sa ville natale, puis en France, à Grenoble et Toulouse. Il quitte l’Allemagne en 1936 pour les États-Unis afin de fuir les persécutions nazies puis, après la guerre, installe sa galerie à Paris place Dauphine et ensuite rue de l’Université. En 2000, il  cède sa collection à l’État allemand. En collaboration avec le Museum Berggruen / Neue Nationalgalerie Berlin, cette exposition présente des œuvres exemplaires de sa collection personnelle, avec des productions de Pablo Picasso, Paul Klee, Henri Matisse et Alberto Giacometti.

Pablo Picasso, Portrait de Jaime Sabartés

La carrière entière de Picasso est particulièrement bien représentée, depuis le Portrait de Jaime Sabartés (1904).  Le Nu assis s’essuyant le pied, un petit pastel de 1921 fait écho au Grand nu à la draperie de la collection Walter-Guillaume de l’Orangerie. Le Grand nu couché (1942) rappelle, par sa dislocation, les heures noires de la guerre ; cette « peinture sévère, pas facile à vivre » selon Berggruen est achetée en 1997 par le marchand qui estime qu’elle doit être montrée au public allemand.

Picasso, Nu assis s’essuyant le pied

Plus souriants sont les créations de Matisse, en particulier les papiers découpés que Berggruen est le premier en France à exposer, comme le grand Nu bleu, sauteuse de corde (1952) ou encore la Maquette de couverture pour « Verve IV » (1943).

Matisse, Maquette de couverture pour « Verve IV »

Autre artiste privilégié par le marchand-collectionneur : Paul Klee dont il acquiert de nombreux travaux, surtout lorsque l’artiste enseignait au Bauhaus.

Une œuvre attire l’attention du visiteur, tout comme il avait frappé Berggruen, le Portrait de madame Cézanne par Paul Cézanne, que le marchand s’est ingénié à acquérir.

 Dans cette présentation Giacometti est également bien évoqué.

Le visiteur sera sensible à un accrochage très réussi, ample et aéré qui, par exemple, met en parallèle les Portraits de Picasso sur un mur dédié, ou en écho des œuvres comme le Grand nu bleu de Matisse et Femme au bras levé, une sculpture de Picasso.

Picasso, Femme au bras levé et Matisse, Grand nu bleu

N’est pas oublié le rôle d’éditeur de catalogues de Berggruen pour lesquels il sollicitait de grands noms de son époque tels Tériade, Michel Seuphor, Jacques Prévert et autres.

Compte-rendu par Hélène Guicharnaud.

Musée de l’Orangerie, 2 octobre 2024-27 janvier 2025.

Brice Leibundgut
Brice Leibundgut

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Brice Leibundgut (14 octobre 2024). Exposition « Heinz Berggruen, un marchand et sa collection »  au musée de l’Orangerie. Société de l’Histoire de l’Art Français (SHAF). Consulté le 7 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/12hle


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