Restauration de la chapelle de la Sorbonne
Le conseil d’administration de la SHAF et plusieurs spécialistes du XVIIe siècle ont pu visiter sous la conduite de Véronique Milande (COARC) le chantier de restauration des peintures de Philippe de Champaigne qui s’achève dans la coupole de la chapelle de la Sorbonne, propriété de la Ville de Paris.
Le but de la restauration est d’ouvrir au public la chapelle qui n’était ouverte jusqu’ici que lors des Journées Européennes du Patrimoine (JEP). La chapelle accueillera expositions, concerts, conférences ou toutes autres manifestations liées à la culture, le projet est encore en cours de construction. La chapelle avait accueilli en 1947 une exposition des peintures françaises des églises de Paris qui a fait date. Il y a actuellement un projet d’exposition de peintures des écoles étrangères dans les églises de Paris (Giordano, Tintoret, etc.).
À la suite de la tempête de 1999, l’extérieur avait fait l’objet d’une restauration, mais il restait à restaurer la coupole décorée par Champaigne de quatre médaillons (qui ne présentait pas de problème structurel), ainsi que les peintures de Louis Charles Timbal, collectionneur et donateur du Louvre. Le tombeau de Richelieu par François Girardon avait été restauré en 2024 par la Sauvegarde de l’Art français et était visible lors des JEP.

Rappelons qu’à l’emplacement d’une chapelle médiévale, le cardinal de Richelieu a fait reconstruire par l’architecte Jacques Lemercier cette chapelle et s’y est fait inhumer. La crypte des Résistants n’a pas vocation à être ouverte (son accès non conforme ne le permettrait pas).
Tous les tableaux du cardinal de Richelieu mis en place par la duchesse d’Aiguillon ont été supprimés à la Révolution qui un installa un amphithéâtre puis des ateliers d’artistes : Hubert Robert en 1794-95 peignit ainsi la coupole qui s’écroula lorsqu’on démonta le toit au-dessus de la voûte.
Sous la Restauration, le duc de Richelieu voulut la rendre au culte en y replaçant le mobilier et le tombeau du cardinal qui se trouvait au musée des monuments français créé par Alexandre Lenoir : il l’installa alors dans le transept (il a été remis en place récemment dans le chœur). La famille de Richelieu est enterrée dans la crypte qui est un tombeau. Depuis la mort de la dernière duchesse en 1971, il n’y a plus de messes. Au début du XIXe siècle, le duc de Richelieu est gouverneur d’Odessa puis ministre des affaires étrangères sous Charles X ; son tombeau par Jules Ramey qui se trouvait à droite du chœur a été déplacé au XXe siècle dans le bas-côté sud sans qu’on connaisse la raison ni la date de ce déplacement.

L’orgue n’a plus d’escalier d’accès depuis la reconstruction de la Sorbonne par Henri Paul Nénot (on ne peut y accéder uniquement que par l’école des Chartes ou par les toits) : une étude pour sa remise en état a été réalisée, mais il faudrait le restaurer. L’orgue n’a pas joué depuis le XIXe siècle. Il y a une Société des Amis de l’Orgue.

La chapelle présente une coupole en pierre qui culmine à 49 m, son décor représentant Dieu le Père entouré d’anges s’inspire de l’Italie, mais n’a jamais été vu par Richelieu qui avait fait sa thèse sur les neuf chœurs des anges.
Les médaillons représentent les 4 pères de l’église : saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise et saint Grégoire, peints à l’huile sur pierre sur un enduit fin qui laisse apparaître les traces de corroyage (ce n’est donc pas une fresque). C’est le décor mural le plus complet exécuté par Champaigne. La restauration a été effectuée par le groupement Alix Lavaud. Le mécène de l’opération est le World Monuments Fund qui a mis la chapelle sur sa liste des monuments en péril (ou World Monuments Watch.
Une visite de la chapelle restaurée sera organisée en 2027 pour les adhérents de la SHAF.
Compte-rendu par Nicole Garnier.
Photos par Nicole Garnier et Maxime Georges Métraux.

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Brice Leibundgut (14 juillet 2026). Restauration de la chapelle de la Sorbonne. Société de l’Histoire de l’Art Français (SHAF). Consulté le 15 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16kqm
