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Exposition « Après Michel-Ange » au Cabinet Jean Bonna, ENSBA

Porté par le romantisme, Michel-Ange discrédité à l’époque classique à l’inverse du « divin Raphaël », connaît un renouveau d’intérêt dès le début du XIXe siècle. Cette curiosité ne faiblit pas, comme en témoigne la diversité des artistes présentés, qui couvrent largement tout le siècle.

Théodore Géricault, Croquis de La Nuit d’après Michel-Ange.

Ainsi Géricault manifeste-t-il très tôt une vive attention envers l’œuvre du sculpteur. La Nuit, du tombeau de Julien de Médicis à Florence, se retrouve dans ses croquis, comme dans ceux de pratiquement tous les artistes attirés par Michel-Ange. Cette admiration ne faiblit pas et on retrouve le même motif chez des artistes très divers. On découvre même une photographie d’un modèle dans la pose de La Nuit, daté d’environ 1880.

Hermann Heid, Photographie d’un modèle dans la pose de La Nuit, environ 1880.

Au Vatican, dans la chapelle Sixtine, Le Jugement dernier ne manque pas d’attirer l’attention des artistes qui s’attachent à restituer des éléments choisis dans la vaste fresque. En 1812, Joseph Théodore Richomme transcrit quatre prédestinés en une sorte de ballet. Dans les années 1850-1860, Carpeaux s’emparera à son tour de figures issues du Jugement dernier.

Joseph Théodore Richomme, Quatre prédestinés du Jugement dernier.

La copie de la grande fresque de la Sixtine, commande officielle au romantique Xavier Sigalon et installée à l’École des Beaux-Arts en 1837, réaffirme cet intérêt envers Michel-Ange et permet aux artistes de découvrir et copier des éléments de l’œuvre sans aller jusqu’en Italie, en facilitant une appropriation nouvelle de celui que Rodin, si sensible à l’exemple du grand sculpteur de la Renaissance, qualifiera de « grand magicien ».

Jean-Baptiste Carpeaux, Croquis de figures issues du Jugement dernier.

Cette appropriation nouvelle s’incarne aujourd’hui au sein de l’exposition par la présence d’œuvres d’élèves contemporains de l’École des Beaux-Arts.

Compte-rendu par Hélène Guicharnaud.

Exposition

« Après Michel-Ange » jusqu’au 24 mai 2026, du mercredi au dimanche, 13h-19h.

Cabinet des dessins et estampes-Jean Bonna, ENSBA, 14 rue Bonaparte, Paris 6e.

Commissaire : Alice Thomine-Berrada, conservateur général responsable des collections des Beaux-arts.

Catalogue sous la direction d’Alice Thomine-Berrada.

Brice Leibundgut
Brice Leibundgut

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Brice Leibundgut (25 avril 2026). Exposition « Après Michel-Ange » au Cabinet Jean Bonna, ENSBA. Société de l’Histoire de l’Art Français (SHAF). Consulté le 7 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/164um


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