Caroline Ruiz, lauréate du Prix Nicole 2026
Le Prix Nicole a été créé en 1988 à l’initiative de la Société de l’Histoire de l’Art français (SHAF) ; il est décerné sous l’égide du Comité français d’histoire de l’art (CFHA).
Le prix Nicole 2026 est attribué à Caroline Ruiz pour sa thèse : « Les grâces du ciseau. René Frémin (1672-1744), sculpteur de rois entre Paris, Rome et la cour d’Espagne », soutenue en janvier 2025 sous la direction de Marion Boudon Machuel à l’Université de Toulouse.
Ce prix lui a été remis par Alain Mérot, président de la SHAF, le 14 février 2026, à l’occasion de la communication de Caroline Ruiz devant la Société, communication intitulée : « Le sculpteur René Frémin (1672-1744) entre Paris et la cour d’Espagne : l’art d’une ascension orchestrée ».

Résumé de la thèse de Caroline Ruiz :
René Frémin, sculpteur des rois Louis XIV et Philippe V, fut un acteur essentiel du renouveau que connut la sculpture dans l’Europe de la première moitié du XVIIIe siècle. Praticien, mais aussi académicien, entrepreneur et courtisan, il maîtrisait parfaitement toutes les acceptions de son art. Il partit quatre années à Rome (1695-1699) et travailla pour les Jésuites aux côtés de Jean-Baptiste Théodon et de Pierre Le Gros II, avant d’être nommé pensionnaire du roi de France. À son retour, il fut professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris et compta parmi les artistes les plus actifs sur les chantiers royaux, avec les Coustou, Robert Le Lorrain ou Jean Raon, à Rambouillet, Chantilly, aux Invalides, Versailles et Marly. Sa carrière s’épanouit pleinement au service de Philippe V d’Espagne, pour qu’il il travailla entre 1721 et 1738. Nommé Premier Sculpteur de Sa Majesté Catholique, directeur de l’atelier de Valsaín et des ouvrages de sculptures de La Granja de San Ildefonso, Frémin eut en charge la création d’un vaste ensemble sculpté pour les jardins rêvés du premier Bourbon d’Espagne. Ce lieu, d’abord pensé par le monarque comme une retraite loin de la pesanteur de la cour madrilène, se mua en une véritable métaphore de la concorde politique et devint un instrument de légitimation et de glorification du souverain. En dépit de son importance, l’œuvre hors de France de Frémin est encore peu connue ou négligée. L’interprétation qu’il proposa de l’art de son temps est pourtant tout à fait originale et novatrice. Cette recherche a ainsi pour objet une réévaluation de la fortune de cet artiste sur la scène artistique européenne de l’époque moderne.

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Brice Leibundgut (15 février 2026). Caroline Ruiz, lauréate du Prix Nicole 2026. Société de l’Histoire de l’Art Français (SHAF). Consulté le 14 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15oz8
